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Historique

Stéphan Bureau initie la série Contact en 1990, alors qu’il vient d’être embauché comme correspondant à Washington pour le réseau TVA. Bien qu’enthousiaste à l’idée de relever ce défi, l’animateur, qui ne veut pas se consacrer uniquement à la couverture de la vie politique, nourrit l’idée d’une plateforme de rencontres où il pourrait côtoyer des personnages qui le captivent : « Je voulais conserver une tribune pour explorer le monde de la création, aller au bout de toutes sortes de fantasmes de rencontres avec des gens qui ont meublé ma vie par leurs écrits », dit-il.

En fait, Stéphan Bureau regrette de ne pas avoir pu rencontrer son idole de jeunesse, le philosophe et essayiste André Malraux, décédé en 1976, et dont l’œuvre l’a profondément marqué. C’est à partir de ce moment qu’il met en place la première série Contact, une collection d’entretiens avec des sommités du monde littéraire et intellectuel.

Entre 1990 et 1994, les 26 premiers épisodes de la série sont diffusés à l’antenne de Télé-Québec (alors Radio-Québec), ainsi qu’en France, en Belgique, en Suisse et sur TV5 Afrique, en plus d’être vendus à des écoles et des universités au Canada et à travers le monde. Pour les téléspectateurs de la francophonie, c’est l’occasion de plonger dans l’univers touffu de romanciers, philosophes et essayistes de renom. Qu’on pense à Michel Tournier, Paul Auster, Nancy Huston, Michel Tremblay, Carlos Fuentes, Elie Wiesel, Élizabeth Badinter, Michel Serres, pour ne nommer que ceux-là... (liste complète des invités)

Déjà, à cette époque, le corpus de Contact ne se limite pas qu’aux écrivains. Fasciné par les mécanismes qui sous-tendent toutes formes de création, Stéphan Bureau ratisse large et ouvre son catalogue à des personnalités aussi diverses que l’astrophysicien Hubert Reeves, le grand reporter Lucien Bodard, et l’acteur et céramiste Jean Marais.

Après trois saisons, Stéphan Bureau décide toutefois de mettre sa série en veilleuse pour explorer les nouvelles opportunités qui s’offrent à lui dans le monde de l’information, et aussi parce qu’il craint de distiller la magie du corpus original.

Ce virage professionnel l’amène à poursuivre son apprentissage et à peaufiner sa technique d’interview. Fort de ses expériences comme correspondant à l’étranger, puis plus tard comme présentateur du magazine télévisé Le Point à Radio-Canada, il a la possibilité de s’entretenir et d’établir des liens avec des personnalités marquantes et influentes. Ses entretiens avec des invités le plus souvent passionnants suscitent l’enthousiasme et les commentaires récurrents de téléspectateurs qui en veulent plus. Cette soif « d’entendre, de voir et de mieux connaître » de l’auditoire s’ajoute à la « soif de dire » des invités qui, dans bien des cas, aimeraient prolonger cette formidable connivence intellectuelle au-delà du cadre d’une courte interview.

De fil en aiguille, l’intuition de Stéphan Bureau se confirme de plus en plus et le prédispose à envisager le retour en force de la série documentaire Contact, en offrant cette fois une perspective encore plus large sur l’œuvre d’un créateur ainsi qu’au public qui en découvre l’essence, notamment par l’ajout d’un site Internet de référence. Un site qui se veut le prolongement naturel des épisodes et le dépositaire de toute la richesse de la série.

En 2003, il choisit de renoncer au monde de l’information pour pousser plus loin sa réflexion sur le potentiel de la slow tv, une approche télévisuelle qui préconise l’approfondissement des contenus. CONTACT, l’encyclopédie de la création peut enfin prendre son envol.

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