Fernando Botero compare sa façon de sculpter à une caresse.
« La sculpture doit inspirer cette sensation de vouloir y mettre la main parce que, à ce moment, on est en train de reproduire les gestes que fait le sculpteur, parce que tout ça, c’est fait en caressant cette forme. On caresse toute cette forme dans la terre glaise pour créer tous ces petits passages délicats qui font la sensualité de la sculpture. Tout ça, c’est sensuel. »
L’artiste est tout entier concentré sur sa création.
En entrevue, Botero affirmait que l’art ne peut pas changer le monde. Il ajoutait cependant que : « L’art a cette capacité de faire se souvenir d’une chose. Au moment où les journaux n’en parlent plus, l’art continue à parler. »
Fernando Botero a permis à notre photographe, Frédéric Raevens, de prendre un cliché d’une toile encore en création. Le peintre prépare en effet toute une série d’oeuvres reprenant le thème du cirque.
Matériel d’artiste signé Frédéric Raevens.
Botero confiait ceci à Stéphan Bureau : « Quelle belle aventure ! Je me sens tellement privilégié d’avoir cette vocation, d’avoir travaillé tellement dans ma vie parce que je crois que personne, aucun artiste a travaillé comme moi. J’ai travaillé tous les jours de la semaine, sept ou huit heures par jour depuis 58 ans, alors vous savez, c’est beaucoup. »
« Je pense que l’art a cette capacité, dans le temps, d’exister ou de signifier quelque chose. Ça, ce n’est pas évident, vous savez. Tout dépend de la qualité qu’a mon travail. Mon désir de qualité est infini. Ce que j’arrive à faire, c’est limité. Alors voilà. »
Même s’il travaille des heures durant, Botero ne se fatigue pas.
« Vous savez, l’art ne fatigue pas. La création, ce n’est pas fatigant. C’est une chose tellement extatique, une passion tellement grande qu’on ne peut faire que ça, et voilà. Je me fatigue si j’ai à me reposer. Ça oui, ça me fatigue beaucoup. Mais l’art me tient. »
Stéphan Bureau et Fernando Botero dans l’atelier de ce dernier.
Fort généreux, l’artiste-peintre nous a ouvert les portes de son atelier et nous a permis de l’observer en plein processus de création. Un rare privilège !
Fernando Botero croit que le temps est un facteur essentiel dans l’élaboration d’une oeuvre, en ce qu’il permet un certain recul. « C’est le temps, c’est la chose... l’élément le plus important dans la création. C’est très important, parce qu’on vous donne l’impression que vous jugez l’œuvre de quelqu’un d’autre. »
L’artiste Botero pose ici devant une de ses récentes toiles, encore en processus de création.