« Je n’ai jamais rêvé d’être écrivain, dit Marie Laberge. Mais écrire a toujours fait partie de ma vie. »
Pour pouvoir écrire, Marie Laberge se retire dans un lieu où, seule à sa table de travail, elle peut s’y consacrer pleinement. « Je m’isole, je m’exile et je vais faire ce que j’ai à faire dans une sorte de concentration et dans un rythme effréné qui serait difficile à supporter toute ma vie. »
Parlant du processus d’écriture comme tel, Marie Laberge affirme qu’il faut d’abord et avant tout écrire pour soi, à l’abri du regard de l’autre. « [...] si on a déjà l’envie d’être aimé au cœur du geste d’écrire, on est en train de le trafiquer. [...] Il faut chercher autre chose. C’est une autre sorte de quête que celle du regard d’autrui, c’est à l’abri du regard d’autrui pour moi. »
Marie Laberge se confie sur les sentiments qui l’habitent après l’écriture. « Quand je finis d’écrire, je ne suis pas vraiment contente, mais je sais que je devrais l’être.[...]Je me sens toujours un peu en porte-à-faux avec ce que je devrais ressentir, parce que j’ai plus d’épuisement, j’ai plus une satisfaction athlétique qu’une satisfaction esthétique. »
« [...]dans l’imagerie générale, être une femme, on se doit d’avoir de la séduction. Mais je pense que c’est complètement faux. Tous les hommes doivent avoir de la séduction. Je crois que tous les êtres humains doivent avoir de la séduction. Les enfants en ont, les adultes en ont. C’est juste que les points de séduction ne sont pas les mêmes en vieillissant. Et là, il faut avoir de la substance. Quand on n’a pas de substance, on vieillit très mal parce que tout l’accessoire nous lâche. »
En entrevue, l’écrivain confiait à Stéphan Bureau cette réflexion pleine de sagesse : « Tout de suite, j’ai compris que, là, j’étais vivante et qu’après on est mort. Maintenant je suis vivante et un jour, je ne serai plus. Et ce n’est pas la peur, c’est l’urgence de vivre que ç’a excitée, ç’a fouetté mon envie de vivre et de ne rien rater, et de remplir la page entière de la vie. Et plus tard, j’ai compris à quel point, pour moi, vivre était un verbe d’actualité quotidienne. »
Pour Marie Laberge, l’amour et l’écriture ont ceci en commun : « Autant dans l’amour physique, il faut s’abandonner pour trouver le plaisir, autant dans l’écriture, pour trouver l’écriture, il faut s’abandonner. Les deux seules places dans ma vie où je m’abandonne, le reste, je contrôle ! »
À propos du théâtre, Marie Laberge dira : « C’est la chose la plus proche de la vie, c’est la chose la plus proche de la pulsation et c’est quelque chose de très, très le fun à travailler, le théâtre. Et quand c’est bien porté et quand c’est bien mis en scène, et quand tout concorde pour faire en sorte qu’il y ait un monde qui est là et qui parle au monde qui est là, et que les murs s’effacent [...].C’est inoubliable ! »
« [...] s’il n’y avait pas un petit peu de mouvement dans l’eau, s’il n’y avait pas un peu de vent, s’il n’y avait pas un peu de déchaînement, je pense que je m’ennuierais, je supporterais mal ça. [...] Il faut se dépeigner quand même, on n’est pas là pour s’économiser. Non, non, ah non, je suis pour le plaisir un peu essoufflé, moi ! »
Depuis fort longtemps déjà, Denise Gagnon est la première lectrice des oeuvres de Laberge, qu’elles soient théâtrales ou romanesques. Voici ce qu’elle en dit : « [...]elle a ce que j’appelle, moi... ce que j’ai appelé « l’effet Laberge », c’est-à-dire qu’à un moment donné, ça te prend ici, là, puis ça y est, c’est parti. Et moi, ça a toujours été comme ça, je commence à lire, et puis pour moi, c’est un critère. Quand je commence à lire un livre, et qu’il faut que je me rende au bout [...]. »