Philippe Labro, cent fois sur le métier. « [...] je ne peux pas concevoir de ne pas voir ce que j’ai écrit, revenir en arrière, jouer avec mes feuillets. Quand je relis, une session de travail est suivie d’une autre. Celle qui suit : je relis ce que j’ai écrit la veille ou huit jours avant. Donc, j’aime bien revoir et corriger. »
Philippe Labro, un homme actif. « J’ai besoin de cinq heures de sommeil par nuit. Ça vous fait gagner du temps. »
Philippe Labro en bonne compagnie, aux côtés de Jeanne Moreau et de Françoise Giroud sur le plateau de l’émission de télévision Ombre et lumière.
Il y a papier et papier. Philippe Labro avoue s’approvisionner à la même papeterie que Proust et Colette jadis.
Selon Philippe Labro, « il faut toujours mettre la barre plus haute. Il faut se dire ce que disait Hemingway : “Il existe une autre dimension, je n’arrive pas à y parvenir et à y accéder.” Je considère que, dans ma propre écriture, il y a une dimension que je n’ai pas encore atteinte. »
Philippe Labro aime bien le plomb. « Il y a des gens qui collectionnent les boîtes d’allumettes, des coquillages, moi, c’est les crayons. »
Philippe Labro. « Ce que j’aime quand je fais des métiers médiatiques comme la télévision, c’est parce qu’il y a plusieurs artisants qui sont autour de moi et qu’à nous tous, nous chantons la même chanson. Et le paradoxe, c’est que, parallèlement, j’ai besoin d’être seul pour écrire. Et donc, je suis un être dichotomique. »
« Je pense que la langue est assez riche pour à peu près tout définir. Et, par exemple, je suis très adversaire de ce qu’on appelle “l’approximatif”, c’est-à-dire un mot pour un autre. Il faut arriver à préciser, à définir. Alors, ça, c’est venu effectivement d’une enfance qui a été bercée par le goût et l’amour des livres et du récit, du conte, de la narration. »
Philippe Labro. « Je crois qu’il y a du jeu en nous, en chacun d’entre nous. »
Philippe Labro réfléchit sur la nécessité d’écrire. « On n’échappe pas à cette pulsion, à ses envies, à ses désirs, à ses besoins. Moi, j’ai un besoin d’écriture. »
C’est au cinéma Mac-Mahon que Philippe Labro s’est initié au septième art : « Avec des copains, je séchais [...] les cours de lycée pour aller voir [...] John Ford, Howard Hawks, Preminger, Hitchcock, Fritz Lang. »
Non loin du cinéma Mac-Mahon, Philippe Labro se confie. « J’ai été élevé dans le mythe du metteur en scène américain avec lunettes de soleil, chapeau, casquette, qui est là et qui regarde tout ça et
dit : Action ! »
Philippe Labro, un homme pressé mais qui dit trouver à consacrer du temps de qualité aux gens qu’il affectionne. « Quand j’ai refait ma vie, j’ai accordé enfin plus d’importance, de temps et d’amour à la famille et à mes enfants. Donc, moi, ma fierté aujourd’hui, c’est, entre autres, mes deux enfants, c’est mon fils et ma fille. Puisque alors, ça, pour moi, ça vaut tous les livres, hein. Franchement ! »
Philippe Labro. « J’arrête pas de rire de moi. Dieu merci. Comme ça, au moins, les journées sont riches, parce qu’une journée sans rire est une journée foutue. »
Chez Lipp, un endroit cher à Philippe Labro. « Chaque fois que j’invite un Américain ou un Anglo-Saxon chez Lipp, je lui montre la table où un de mes maîtres - Ernest Hemingway - lorsqu’il était jeune journaliste, qui ne crevait pas de faim mais presque, venait s’asseoir, commandait un tout petit bout de thon à l’huile avec beaucoup de pain, c’était son déjeuner. Mais, à côté de lui, il y avait le fameux petit carnet de molesquine noir que tout écrivain doit posséder. »
Philippe Labro chez Lipp, dans Saint-Germain-des-Prés. « C’est le cœur du village, même si on sait que Paris, comme toute grande ville, possède plusieurs villages. Si vous regardez la configuration, la géographie de Paris, il est clair que la Rive Gauche, et ce point de la Rive Gauche, est très précisément un endroit de convergence. »
Philippe Labro. « “Refaire sa vie”, c’est une très belle expression. J’adore cette expression. On peut refaire sa vie quand on a raté une partie de la première vie. Je parle dans la vie intime, la vie privée, en l’occurrence, pour moi, la vie conjugale et la vie de père de famille. »