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Simone Veil

Simone Veil - Siéger au Conseil constitutionnel

Siéger au Conseil constitutionnel

Son travail au Conseil constitutionnel accapare-t-il beaucoup Simone Veil ? « Ça dépend des périodes de l’année, parce que le Conseil constitutionnel doit siéger lorsque des [...] lois ont été votées par le Parlement et qu’il y a [...] un recours. Alors, dans ces cas-là, nous avons un délai très bref pour nous prononcer, et donc, pendant ces périodes de l’année, au mois de décembre, nous avons plusieurs textes qu’obligatoirement, nous devons examiner dans un délai très bref, donc, nous siégeons souvent. »

Simone Veil - La conférencière

La conférencière

Même si son horaire est relativement chargé, Simone Veil trouve le temps de participer à diverses conférences et événements publics. On la voit ici en train de prononcer une allocution alors qu’elle parrainait la remise de plusieurs diplômes honoris causa à l’université Paris-Nord, Paris XIII.

Simone Veil - Place aux femmes

Place aux femmes

En France, fait remarquer Simone Veil, la place occupée par les femmes en politique est encore très modeste. « Je crois que c’est moins de 10 % à l’Assemblée nationale. Et maintenant, grâce à la loi sur la parité qui commence à s’appliquer - même si les sénateurs s’arrangent pour la [...] contourner très facilement -, il y a tout de même maintenant 17 % de femmes au Sénat. » À ce chapitre, l’Hexagone fait piètre figure aux côtés des autres pays d’Europe.

Simone Veil - Travail manuel

Travail manuel

Le travail, au Conseil constitutionnel, demeure en bonne partie manuel, révèle Simone Veil. « Ce sont des membres du Secrétariat qui ont, eux, l’informatique, mais nous prenons des notes à la main, nous avons des plumiers », dit-elle.

Simone Veil - Lieu de mémoire

Lieu de mémoire

Le Mémorial de la Shoah est très important aux yeux de Simone Veil puisque son nom aurait pu, comme celui de ses parents, s’y trouver inscrit. « C’est un extraordinaire lieu de mémoire puisque, en principe, tous les gens qui ont été déportés, tous les Juifs qui ont été déportés de France y figurent, que ce soit d’ailleurs ceux qui ne sont pas rentrés ou les survivants. [...] Il y a eu quelquefois des oublis [...], des erreurs, mais il y en a très peu. C’est un magnifique mémorial. »

Simone Veil - Un destin particulier

Un destin particulier

Figure marquante de la politique française des trente dernières années, Simone Veil refait le parcours de sa vie. « Je n’avais pas du tout d’idée sur ce que serait ma vie, je ne l’ai pas pilotée, [...] j’ai eu un destin très, très particulier, effectivement, mais les choses sont venues. La politique, par exemple, je ne m’y attendais pas du tout, ce n’était pas du tout inscrit. [Pas] même le rôle qu’a joué l’Europe, qui a été pour moi très important par rapport à mon passé. »

Simone Veil - Quelques regrets

Quelques regrets

Pour Simone Veil, la mort n’est pas source d’inquiétude, mais plutôt de regrets : « Il y a les regrets de ne pas avoir connu certaines choses, de ne pas avoir été dans certains pays, de ne pas avoir rencontré certaines personnalités. [...] J’ai toujours le sentiment qu’il y a d’autres choses que j’aurais encore envie de faire. »

Simone Veil - Que sont devenus ces gens ?

Que sont devenus ces gens ?

Les photos des déportés évoquent, pour Simone Veil, l’indicible horreur : « Comment est-ce que ç’a été possible ? C’est ça, la question. Parce qu’on finit par comprendre les gens qui ne veulent pas nous croire, parce que nous-mêmes, quelquefois, on se dit : “Mais, c’est pas possible !”. D’abord, est-ce que j’ai vraiment vu ça ? [...] Mon choc, c’est de demander ce que sont devenus les gens qui étaient avec nous et qui sont montés en camion. »

Simone Veil - Résister à l’humiliation

Résister à l’humiliation

Certains détenus ont résisté aux humiliations des nazies. « Je trouve qu’il y a des gens qui sont restés des gens exceptionnels, formidables, confie Simone Veil. Que justement, il y a des gens qui aient conservé une humanité, [...] je dirais même le sens de l’humour, et une certaine tenue. [...] Dans ce monde où, au fond, ce que souhaitaient les SS, c’était de nous humilier complètement, faire de nous des bêtes. Eh bien, ça, ils ne l’ont pas réalisé. »

Simone Veil - Années de formation

Années de formation

Lorsqu’elle a fait le saut en politique, Simone Veil était bien outillée. « J’ai été bien préparée techniquement, puisque pendant plusieurs années, j’étais magistrat à la Direction des Affaires civiles au ministère. [C’était] à une époque très privilégiée, tout à fait passionnante, qui était celle où un très grand juriste - Carbonnier - a rénové complètement le Code civil, notamment, en ce qui concerne le droit de la famille. Et comme c’était des sujets qui me passionnaient, et que j’ai eu la chance d’être là, j’ai été très associée à ces réformes. »

Simone Veil - Les mots pour le dire

Les mots pour le dire

Peut-on rendre compte de ce que Simone Veil, comme tant d’autres déportés, a vécu ? « Il n’y a pas de mots. Non. Et puis quand nous en parlons entre nous, parce que nous sommes restés très, très amis entre certains camarades de déportation, et je dirais que le temps n’a rien changé à cet égard. Et on dit : “De toute façon, nous ne pourrons jamais communiquer ce que nous avons vécu”, parce que les gens ne peuvent pas le croire. C’est tout à fait autre chose que tout ce à quoi, quelquefois, on a tendance à comparer. »

Simone Veil - Souvenirs du père

Souvenirs du père

« [...] Il a été fait prisonnier assez tôt au début de la guerre de 14, et il était resté assombri, confie Simone Veil à propos de son père. [...] Il avait fait les Beaux-Arts, et les Beaux-Arts, c’est une école où on s’amuse beaucoup, on a beaucoup de fantaisie [...]. Et je crois que cette captivité longue l’avait marqué, que son affectivité s’était tellement reportée sur maman [...]. Mais aussi, c’était un très bon père parce qu’il aimait beaucoup s’occuper de nous le soir quand la journée était travaillée. Quand il n’était plus à son atelier d’architecte, qu’il était d’ailleurs à la maison, il aimait beaucoup nous faire la lecture. »

Simone Veil - Les pères modernes

Les pères modernes

Le rôle du père a beaucoup changé ces dernières décennies, fait observer Simone Veil. « Les jeunes pères, d’abord, assistent à l’accouchement, ce qui ne se faisait pas autrefois, beaucoup moins. Dès le premier geste, ils sont là pour [...] changer les gosses. Faut dire qu’il y a Pampers, ce qu’on n’avait pas autrefois, mais ils s’occupent beaucoup plus. Très souvent, si la femme travaille, quelquefois, elle s’absente deux, trois jours, le père s’occupera de l’enfant complètement, enfin avec une nounou peut-être pour l’aider. »

Simone Veil - Les jeunes sont curieux du passé

Les jeunes sont curieux du passé

« Je suis très frappée du fait que la troisième génération, actuellement, est beaucoup plus curieuse et beaucoup plus respectueuse du passé. [...] D’ailleurs, beaucoup de jeunes vont à Auschwitz avec leur classe. [...] La Fondation pour la mémoire de la Shoah [...] aide au financement de ces déplacements, et surtout nous tenons à ce que, quand les jeunes y vont avec leur classe, ils aient été préparés à l’avance. [...] Ces voyages sont très utiles. »

Simone Veil - La paix n’est jamais acquise

La paix n’est jamais acquise

Échangeant avec Stéphan Bureau sur l’avenir de la démocratie, Simone Veil précise : « Aujourd’hui, les gens pensent que c’est tellement acquis, la paix, la démocratie, qu’on n’a plus besoin de se soucier de l’Europe. Mais moi, je pense que rien n’est jamais acquis. [...] L’histoire va vite. Les haines entre les pays, pour des intérêts économiques, des intérêts nationalistes peuvent toujours exister. [...]. Ça, c’est une chose qui m’inquiète. »