« Un enregistrement, c’est toujours un peu stressant. »
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« Je ne le vois pas comme un tremplin, je le vois comme l’arrivée, parce qu’avec [l’Orchestre philharmonique de Rotterdam], j’ai l’intention de faire de grandes choses. »
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« L’idéal de la musique d’orchestre, ce serait de ne pas avoir besoin de chef. »
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« Disons qu’on prend des heures et des heures de travail avec des musiciens qui se connaissent bien, [alors] les musiciens peuvent jouer sans chef. Mais la beauté du chef, c’est d’être capable de faire que les musiciens se libèrent et ne soient pas [...] préoccupés. Parce que la musique, c’est un acte de communication par définition. Si on est préoccupé à savoir : est-ce que je vais être avec mon voisin, est-ce que comme violoniste je vais être avec la trompette qui donne la même ligne, ça préoccupe l’esprit et ça empêche de donner « émotivement ». Donc le chef, c’est le facilitateur de l’émotion. Ça n’a rien à voir avec l’autorité, finalement. »
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« L’aspect enivrant, l’aspect très gratifiant d’être sur le podium et de faire que ça fonctionne, c’est sûr que ça, c’est irremplaçable. »
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« Comme chef, on ne peut pas s’abandonner autant que d’autres instruments à certains moments donnés parce [...] j’ai une responsabilité quand même, mais il faut atteindre ce monde qui est hors du monde, qui vient juste par une concentration totale. Et s’il n’y a pas ça, à mon avis, on perd la magie de la musique et donc on ne peut pas exprimer tout ce qu’elle peut nous dire. »
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« Je pense qu’on ne choisit pas vraiment d’être artiste, je pense qu’on choisit d’obéir à ça ou pas. »
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« Les créateurs sont vraiment ceux qui touchent au divin. Nous, les interprètes, les chefs d’orchestre - un chef d’orchestre, c’est un interprète -, on touche à la relique, on touche à ce qui a touché au divin. »
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« Je ne me sens jamais inférieur parce que je suis interprète, parce que ces chefs-d’œuvre-là, qui ont été composés, puis que je joue et rejoue, sont tellement immenses que ma petite personne - et même toutes les autres petites personnes sur la terre à travers les siècles - n’arrivera pas à défaire ou dépecer ou analyser ou rendre tous les mystères qui sont là-dedans, parce que c’est divin. »
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« Il ne faut jamais oublier cette place-là qu’on a, d’interprète, et ne jamais se prendre nous-même pour Dieu, [ou] pour les créateurs. »
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« En tant qu’interprète, on admire et on essaie de découvrir, on essaie d’aimer. »
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« La musique classique, sa beauté et sa portée, c’est de ne pas avoir de mots en général, si on exclut l’opéra, et donc de créer de la tristesse chez l’un en même temps que de l’euphorie chez l’autre, et ça c’est encore plus mystérieux. »
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« Recevoir la musique, c’est tout aussi beau que la créer. »
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« Je me fais souvent la réflexion que j’ai vraiment fait mon travail lorsque j’ai rendu un orchestre heureux, parce que je sais que si je l’ai rendu heureux, le public va être heureux. »
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« La première qualité qu’on recherche chez un chef, c’est qu’il soit un vrai musicien accompli au sens où il sait de quoi il parle quand il exige des musiciens la meilleure maîtrise possible de leur instrument. »
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« Je pense que la clé dans tout ça, c’est d’être honnête, d’être sincère avec nos forces, nos faiblesses, et puis être leader, c’est aussi ça. C’est de ne pas avoir peur de montrer qui on est. Et ce qui fonctionne le mieux avec les orchestres avec lesquels je travaille, c’est quand ils sentent que j’adore ce que je fais, que j’adore la musique et que je les inclus dans cet amour-là. J’essaie de les convaincre. Parce que, à l’inverse, ce qui a l’air de ne pas fonctionner quand je regarde certains chefs ou que j’en entends parler, c’est quand il y a un jeu qui se joue. Faire semblant d’être au-dessus. Faire semblant d’aimer. Faire semblant de ne pas aimer parce que ça fait chic. »
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« Il vient un certain moment où la seule personne qui sait vraiment ce qu’on aurait pu faire mieux, c’est nous-même. »
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« Je ne pense pas avoir jamais donné de mauvais concerts. Je ne pense pas qu’il n’y ait jamais eu un concert où l’orchestre a été à côté complètement au niveau de son énergie, au niveau du don de soi. »
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« Des fois, c’est vrai que la personne a une telle angoisse qu’elle est incapable de se dire qu’il y a des choses qu’elle vient de faire qui sont correctes. Et ça, c’est beau parce que ça permet d’avancer, d’avoir un peu ça, mais il faut aussi être capable d’apprécier les bons moments parce que sinon, c’est de la torture, mais constante. »
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« Ce n’est pas moi, le piano, ce n’est pas ce que je fais à l’année, ce n’est pas ce que je fais de mieux, ce n’est pas avec ça que je m’exprime le plus souvent. Donc, c’est une partie, c’est comme mon petit jardin à moi. »
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« De la partition, de la connaissance de cette partition dépend la qualité du travail. »
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« On n’explique pas le geste aux musiciens. Au moment où on a été obligé d’expliquer, c’est parce que notre geste n’est pas clair. Et si le geste n’est pas clair, c’est que la pensée n’est pas claire. »
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« Une perception que les gens ont en concert, c’est que les musiciens ne regardent strictement pas le chef. Ce n’est pas vrai dans la mesure où un musicien d’orchestre doit évidemment lire les informations qu’il a sur sa partition, et donc avoir une vision qui est périphérique. Donc, c’est très rare de voir un musicien lire sa partition puis lever les yeux vers le chef. C’est tout le temps constant. Mais les yeux, selon les musiciens, les yeux peuvent parfois croiser pendant une fraction de seconde ou quelques secondes le regard du chef. Et ça, c’est important. Mais même si je ne reçois pas leur regard en retour, le fait de les regarder change quelque chose. »
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« Le piano, ça reste quelque chose de plus fragile parce que moins régulier pour moi. »
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« La douleur dans laquelle on a envie de rester, de se complaire un peu, parce qu’elle nous fait du bien, mais en même temps elle nous fait mal, c’est toute cette zone grise-là qui est tellement essentielle, tellement humaine que je pense que la musique va chercher. Et mieux vaut ne pas trop chercher à l’expliquer. »
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« Qui dit émotion ressentie à l’écoute d’une œuvre dit souvent choc à l’écoute pour la première fois d’une œuvre. »
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« Ce qui est à la base, c’est le partage. C’est vrai que c’est partager aux autres l’émotion ressentie à l’écoute de certains passages. Ce n’est rien d’autre que ça finalement, c’est ça, la transmission. »
« Je ne suis pas tout le temps en train de me signer de la croix avant d’aller faire l’offrande de la musique à l’autel, mais souvent je remercie Dieu ou je lui demande de me donner le courage de vivre ce qu’il m’a donné. »
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« Moi, j’ai l’impression que la musique, ça reste un don et qu’on est les serviteurs de ça. Quand on a ce don-là, on se doit de faire du bien aux gens par le biais de la musique et c’est comme ça que je l’ai toujours vécu. »
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« Mon premier moment de grâce vraiment, d’état de grâce, était à la Chapelle historique du Bon-Pasteur en dirigeant la Passion selon Saint-Jean de Bach. C’était la chorale finale et je me souviens que j’ai eu l’impression à ce moment-là, vraiment, de ne plus toucher à terre. Je n’ai pas retrouvé ça même très souvent depuis, mais j’ai certains moments comme ça qui sont en général liés à quelque chose de très, très spirituel. »
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« Il y a plein de liens entre le lieu sacré et le lieu du concert. »
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« Pour moi la musique, ça a quelque chose de sacré. »
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« Dans n’importe quelle forme d’art, l’art religieux va chercher ce qu’il y a de plus profond en nous. »
« Toute ma carrière jusqu’à maintenant a été basée sur le goût de prendre des risques. »
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« Être au sommet et regarder tout le monde de haut, c’est pas mal moins intéressant que d’avoir le désir profond d’être au sommet. »
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« Mon rêve de petit garçon, là, je le vis, je suis dedans, et ce qui est formidable et fascinant - puis je me pince tout le temps -, c’est de me dire je le vis beaucoup plus tôt que j’aurais cru, même si, au fond, si je me reporte à quand j’avais 10 ans, je voulais être chef d’orchestre. Là j’ai 32 ans, ça fait 22 ans quand même que ce rêve-là est alimenté. Alors, 22 ans, c’est quand même pas court, mais 32 ans, c’est jeune pour être là. Donc, j’ai l’impression que ça arrive, comme tout le reste dans ma vie, très tôt, mais pas trop tôt. Alors j’en profite. »
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« La discipline, c’est quelque chose que j’ai appris vraiment sur le tard. »
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« Ça a peut-être été, au final, quelque chose qui a avantagé mon développement, le fait de ne pas avoir eu cette espèce de contrainte, que ça ait été laissé à ma passion, et que ça se soit développé automatiquement à un certain moment. »
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« Mes parents ont été un modèle, je suis tellement chanceux d’être tombé dans un terreau comme ça. Parce qu’ils ne m’ont jamais découragé, mais ils n’ont jamais poussé. »
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« J’ai senti un appel vers la musique et le fait d’être chef, c’était comme de le vivre pleinement. »
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« J’ai beaucoup de misère à fermer des portes, moi, dans ma vie. J’ai de la difficulté à laisser, à passer à une autre étape, à dire que ça, c’est derrière moi. »
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« Plus je suis entouré de gens et de situations, plus ça me fait du bien. »
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« Tout s’est déterminé [à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde] en fait. Parce que c’est ici que j’ai commencé à chanter, donc c’est ici que j’ai eu la piqûre de la direction. C’est ici que j’ai commencé à animer en avant, le chant, la messe, quand j’avais 14 ans, 15 ans, dès que ma voix a mué. Dans la chapelle qui est sur le côté, j’ai donné des concerts de mon groupe, La Chapelle de Montréal. Puis mon bureau était au jubé de l’orgue. Ma formation musicale de chef, elle est ici. »
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« Il y a quand même des moments, et ils sont de plus en plus fréquents, - et je pense que c’est sain d’ailleurs -, où je me dis : mais qu’est-ce qui fait que je veux aller me mettre dans un état de stress tel et ressortir ensuite dans un état de fatigue musculaire et psychique tel. »
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« La voix de groupe, je pense, m’a appris beaucoup plus pour être chef d’orchestre qu’une voix individuelle. »
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« On a tous une fonction ici et on a tous le devoir de faire [au] maximum de nos capacités. »
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« Je pense que c’est contraire à l’art que de vouloir profiter. »
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« Je suis tellement autocritique et je sais tellement combien ce que je fais présentement est une infime partie de ce que j’aimerais, ou que j’aurais peut-être - j’ose espérer - le potentiel de faire un jour [...] que j’ai pas nécessairement besoin de quelqu’un qui va arriver de l’extérieur et dire : ça, ça, ça, ça. »
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« Je pense que c’est un voyage à la découverte de soi que d’être artiste et je ne suis pas en train de dire que ce ne serait pas utile des fois d’avoir des conseils, mais je pense que tout conseil resterait extérieur à ce voyage intérieur qu’on vit. »