Ceux qui me connaissent bien, mes amis, mes proches collaborateurs, savent à quel point le retour en force de CONTACT me tenait à coeur. Et ils savent aussi l’investissement personnel que représentent la préparation et la réalisation, sur place, des interviews qui sont à la base de la série documentaire.
En soi, l’exercice d’interview n’est pas quelque chose qui me stresse beaucoup... C’est au contraire l’idée que je puisse rater quelque chose, c’est la mesure de la chance... Je deviens comme enceint. J’ai ma préparation, j’ai mes notes, je sais que j’ai, à ma portée, l’occasion de faire quelque chose de fantastique. Je veux tellement que ça arrive. Et ça, ça déclenche une fébrilité particulière. Je deviens très poreux du personnage quand je me prépare. Je bouffe les pièces de théâtre, les films, ma documentation, tout ce que Marie-Andrée, notre chef recherchiste, m’a envoyé. C’est l’envie de réconcilier toute cette information. Impossible ! Il faut faire des choix.
Un exemple. Quand je me suis retrouvé devant Robert Lepage, j’ai oublié des choses. Les meilleurs moments surviennent en dehors de la grille que je me suis préparée. C’est cet arbitrage entre, est-ce que j’aurais dû prendre plus systématiquement l’œuvre morceau par morceau, ou laisser émerger quelque chose. Il faut avoir confiance, être détendu et ne plus penser, comme le force un peu la fébrilité en fonction de ‘vais-je tout avoir ?’. La réponse, c’est non.
Il y a facilement 150, 200 heures de travail par invité. Cent heures minimum. Est-ce trop ou pas assez ? Je crois personnellement qu’on n’en fait jamais trop lorsqu’il s’agit de partager avec d’autres ce qui nous semble extraordinaire, magique, incomparable. C’est un état de grâce auquel il faut s’abandonner et, peu importe le résultat, le souvenir de cette préparation fébrile et féconde m’accompagne toujours.




Commentaires
1. jeudi 2 février 2006 à 13:30, par Marie Danielle :: mon carnet : ESPIÈGLERIES
2. jeudi 2 février 2006 à 16:00, par marie danielle :: CONTACT is back !
3. jeudi 9 février 2006 à 11:51, par Claire Lagacé
Ajouter un commentaire